Le temple Shaolin à travers les ages

Publié le par gem[i]ni

Le Temple Shaolin à travers les Ages.

1ère partie

 

La traditions des arts martiaux chinois est née dans le sillage des grands courants de pensée qui l’ont influencée et accompagnée tout au long de son histoire. La propagations des enseignements de Confucius, de Lao-Tseu ou du Bouddha, est allée de pair avec le développement et la diffusion des arts martiaux en Asie. A l’instar du taoisme qui a largement contribué à donner corps et âme au kung fu  chinois, la philosophie bouddhiste a profondément imprégné les arts martiaux traditionnels.

En 495, l’empereur Hsiao-Wen fait construire le monastère de Shaolin dont le nom et l’histoire , nimbés de légendes, vont s’inscrire dans la grande tradition des arts martiaux.Situé dans la province du Henan à environ 60km de luoyang(800 km au sud de Pékin), il est bâti au pied du Song Shan, la «montagne du centre », au milieu de grandes chaînes de montagnes qui s’étendent aux quatre points cardinaux. L’Histoire donnera naissance plus tard à quatre autres monastères qui porteront également le nom de Shaolin :l’un d’eux, situé dans la province du Fukien, au sur de la Chine, a lui aussi laissé son empreinte dans l’histoire du Kung fu.

Construit en 756 durant la dynastie des Tang, il aurait entretenu des relations étroites avec le monastère du Henan et, à l’instar de son aîné, devint un « laboratoire d’études martiales ».Ce temple fut incendié et complètement détruit en 1768 par les Mandchous ; les quelques moines qui survécurent à l’incendie essaimèrent leurs connaissances au sud de la Chine , donnant naissance à des styles majeurs comme le Wing Chun. Les trois autres monastères étaient situés dans la province du Hebei, du Sichuan et de Guangdong, mais rien ne permet d’affirmer qu’ils entretenaient eux aussi une tradition martiale. Lorsqu’on évoque l’histoire du kung fu de Shaolin, c’est de celui du temple du Henan dont il s’agit , là ou séjourna Bodhidharma au début du 6ème siècle.

Prince Brahmane  de l’Inde méridionale, Bodhidharma ( L’Illuminé) est le 28ème successeur du Bouddha. Parti de l’Inde à pied pour exposer l’authentique enseignement du Bouddha, il arrive en Chine après un long voyage. Il parcourt alors le pays pour y prêcher sa méthode : elle a pour but de guider les êtres vers l’expérience illuminée à travers la pratique de la méditation. Bodhidharma ne parle ni de préceptes, ni de dévotion, ni de pratiques ascétiques qu’il considère comme des enseignements fanatiques. Pour lui, et pour tous ceux qui lui succéderont , l’esprit est le Bouddha. L’empereur Wu, de la dynastie Liang(502-557), ayant entendu parler de ce moine radical venu de l’Inde, le convoque pour une audience mais il n’est pas prêt à entendre ses enseignements ; seuls  les mérites que devraient lui prodiguer ses œuvres en faveur du  bouddhisme le préoccupent. Bodhidharma, pour qui le mérite provenait de la sagesse cultivée par la méditation , et non d’actes extérieurs, fut rapidement désenchanté par le manque de compréhension et d’engagement de ceux qu’il rencontrait.

D’après la légende, il se remit en marche, traversa le Fleuve Jaune et se réfugia dans une grotte près du temple de Shaolin. Là, décidé à faire entendre l’enseignement de Bouddha, il resta neuf années durant assis en yogi à méditer. La rumeur se répandit qu’un moine, plongé dans une profonde méditation, possédait une grande sagesse et , peu à peu , on lui rendit visite. A son premier disciple Hui-k’o(487-593), Bodhidharma transmit la moelle du boudhisme Chan. La culture chinoise dans son ensemble va vivre l’irrésistible ascension de ce courant de pensée puis, à partir du 12ème siècle,ce sera au tour du Japon ou il deviendra l’école Zen.


 

sur la photo >> une statue représentant le gardien du temple de shaolin qui protège l'entrée du monastère

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Publié dans kung fu

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